Le temple de Bayon

Le temple de Bayon

Le temple de Bayon

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Au centre d'Angkor Thom, le Bayon dresse ses tours-visages et 1 200 m de bas-reliefs khmers. Guide complet : histoire, architecture, visite pratique.

Au centre géométrique de l'ancienne cité fortifiée d'Angkor Thom, le temple de Bayon se reconnaît à ses tours-visages tournées vers les quatre points cardinaux. Temple-montagne consacré au bouddhisme mahayana, il a été édifié vers le début du 13e siècle sous le règne de Jayavarman VII et constitue le dernier temple-montagne de l'empire khmer. Sa structure dense, ses bas-reliefs sur près de 1 200 mètres et ses figures de pierre en font l'un des sites les plus étudiés du parc archéologique d'Angkor.

Pourquoi visiter le Bayon ?

Le Bayon se distingue des autres temples khmers par deux caractéristiques rares : un sanctuaire central circulaire — alors que la plupart des temples hindous adoptent un plan rectangulaire — et un ensemble de tours sculptées de visages monumentaux. À l'origine, on en comptait 54 ; il en subsiste aujourd'hui 37, qui portent au total plus de 200 visages de pierre. Ces figures sont diversement identifiées par les chercheurs : Lokeshvara, Bodhisattva Avalokiteshvara, Brahma, ou portrait idéalisé de Jayavarman VII lui-même.

Le site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992, dans le cadre de l'ensemble d'Angkor.

Histoire du temple

Le Bayon a été construit vers le début du 13e siècle, à l'apogée du règne de Jayavarman VII (1181-vers 1218). C'est le dernier temple-montagne édifié par ce souverain, qui a fait du bouddhisme mahayana la religion d'État. Le temple occupe l'intersection des axes nord-sud et est-ouest d'Angkor Thom, ce qui en fait la pièce maîtresse de la nouvelle capitale.

Sous le règne de Jayavarman VIII (1243-1295), le site a été reconverti à l'hindouisme, redevenu culte officiel : plusieurs images du Bouddha ont été détruites ou retravaillées en représentations hindoues, et de nouveaux aménagements ont été ajoutés pour les divinités brahmaniques.

Dans les années 1940, l'École française d'Extrême-Orient (EFEO) a entrepris la restauration du temple selon la méthode d'anastylose, en remontant les tours-visages et en dégageant le sanctuaire central. Auparavant, les fouilles de 1933 avaient mis au jour, à environ 14 mètres sous le sanctuaire principal, une statue de Bouddha Mucalinda de 3,60 mètres assise sur le naga lové, considérée comme une représentation de Jayavarman VII.

Que voir sur place ?

Le plan général

Le temple s'étend sur 22 500 m² et adopte la forme d'une pyramide à trois niveaux articulée en trois enceintes successives. À la différence des temples khmers classiques, il n'est pas entouré de fossé propre — le rempart d'Angkor Thom en tient lieu — ce qui crée une circulation labyrinthique entre galeries et passages.

  • Troisième enceinte (160 m × 140 m) : galeries extérieures ponctuées de quatre pavillons d'angle, où court le grand programme de bas-reliefs.

  • Deuxième enceinte (80 m × 70 m) : galeries plus étroites, circulaires et sombres, dédiées à des scènes religieuses et mythologiques.

  • Première enceinte : sanctuaire central, point culminant du temple.

La tour centrale et les tours-visages

La tour centrale culmine à 42 mètres et adopte un plan circulaire — disposition inhabituelle, liée à la pratique bouddhique de la circumambulation autour du sanctuaire. Elle est entourée de huit chapelles rayonnantes en croix. Quatre vestibules s'ouvrent sur ses faces : à l'ouest dédié à Vishnu, au nord à Shiva, au sud au Bouddha. La plus haute des tours-visages encore debout dépasse 20 mètres.

Les bas-reliefs

Le programme sculpté du Bayon court sur environ 1 200 mètres et compte près de 11 000 figures sculptées. Contrairement à ceux d'Angkor Vat, centrés sur la mythologie hindoue, les bas-reliefs de la galerie extérieure documentent largement la vie quotidienne et l'histoire khmères :

  • scènes de marché, métiers, jeux et rituels domestiques ;

  • défilés militaires et éléphants de combat de l'armée khmère ;

  • batailles navales opposant les Khmers aux Chams sur le Tonlé Sap ;

  • danseuses apsaras et scènes de cour.

L'ensemble s'inscrit dans une cosmologie qui fait du temple une représentation symbolique du mont Meru, axe central de l'univers dans la pensée indienne.

Quand visiter le Bayon ?

La saison sèche, de novembre à mars, offre les meilleures conditions de visite : températures plus supportables, lumière nette sur les bas-reliefs et terrain praticable. La saison des pluies (juin à octobre) reste possible, avec une végétation plus verte et une fréquentation moindre, mais des averses en fin de journée.

Aux heures de la journée, deux fenêtres sont particulièrement intéressantes :

  • Tôt le matin, peu après l'ouverture : la lumière rasante venue de l'est sculpte les visages des tours et le site est encore peu fréquenté.

  • En fin d'après-midi : la lumière chaude révèle les détails des bas-reliefs de la galerie sud-ouest.

Le milieu de journée est à éviter si possible : chaleur forte, lumière écrasée et flux de visiteurs important.

Informations pratiques

  • Billet : la visite nécessite l'Angkor Pass, billet unique donnant accès à l'ensemble du parc archéologique. Il existe en formules 1 jour, 3 jours ou 7 jours, à acheter au centre de billetterie officiel à l'entrée du parc.

  • Durée de visite : comptez 1h30 à 2h30 pour parcourir le temple sans précipitation, davantage si vous lisez les bas-reliefs en détail.

  • Horaires : ouvert tous les jours, du lever au coucher du soleil environ ; les horaires précis évoluent, vérifiez auprès de votre hébergement ou guide.

  • Tenue : épaules et genoux couverts, le site reste un lieu de culte. Chaussures fermées recommandées pour les escaliers raides.

  • Sur place : peu d'ombre dans les galeries supérieures, prévoyez eau, chapeau et protection solaire.

Comment s'y rendre ?

Le Bayon se situe au centre exact d'Angkor Thom, à environ 8 km au nord de Siem Reap. L'accès se fait depuis la porte sud d'Angkor Thom, par la chaussée bordée de géants tirant le naga, puis par la route principale qui mène au temple.

À l'intérieur du parc d'Angkor, le tuk-tuk reste le moyen de transport le plus pratique : la course se négocie à la demi-journée ou à la journée depuis Siem Reap. Le vélo est une option pour les visiteurs autonomes, mais demande une bonne forme physique et une attention aux distances entre temples. Les voitures avec chauffeur sont également proposées par les hôtels et agences locales.

À voir à proximité

Le Bayon s'inscrit dans le circuit court d'Angkor Thom, qui se prête bien à une demi-journée ou une journée complète :

  • Angkor Thom : la cité fortifiée elle-même, ses portes monumentales et ses 9 km de remparts.

  • La Terrasse des Éléphants : à quelques centaines de mètres au nord du Bayon, ancienne tribune royale ornée de bas-reliefs d'éléphants.

Pour prolonger le voyage au Cambodge, on peut associer Angkor à des étapes très différentes comme les plantations de café du Mondulkiri dans l'est, ou le parc national de Kep sur la côte sud.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Comptez 1h30 à 2h30 pour une visite confortable, incluant la lecture des bas-reliefs et la montée jusqu'au sanctuaire central. Les passionnés d'iconographie peuvent y passer une demi-journée.

Non, le temple est inclus dans l'Angkor Pass, qui donne accès à l'ensemble du parc archéologique d'Angkor. Le pass existe en formules 1, 3 ou 7 jours.

Tôt le matin pour la lumière rasante sur les tours-visages et la fraîcheur, ou en fin d'après-midi pour les bas-reliefs. Le milieu de journée est plus chaud et plus fréquenté.

Le temple comptait à l'origine 54 tours portant des visages sur leurs quatre faces. Il en subsiste 37, soit plus de 200 visages encore visibles, identifiés selon les chercheurs au bodhisattva Lokeshvara, à Brahma ou au roi Jayavarman VII.

À l'origine, c'est un temple bouddhiste mahayana édifié par Jayavarman VII. Sous Jayavarman VIII, il a été reconverti à l'hindouisme, ce qui explique la coexistence d'éléments des deux traditions sur le site.

Découvrir Angkor avec Nomadays

Le Bayon prend tout son sens replacé dans l'ensemble du parc d'Angkor et dans l'histoire de l'empire khmer. Pour construire un itinéraire qui associe les grands temples, la campagne cambodgienne et la côte, consultez nos suggestions de voyage au Cambodge.

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